Stage de montage d’une canne à mouche Switch Pike et stage de montage de mouches

Stage de montage d’une canne à mouche à deux mains Switch Pike de 11’4 # 8/9 pour pêcher le brochet à la mouche

J’indique d’abord ici deux points du montage, de la fabrication, de la construction d’une canne à mouche à deux mains Switch qui ne sont en général que sommairement ou pas traités dans les ouvrages en langue anglaise (il n’y aucun livre sur le sujet en langue française actuellement) ou pas abordés par les tutos français sur le net : le nombre, la taille et l’espacement des anneaux pour une canne à deux mains Switch (A) et la variation de l’action du blank d’une canne Switch donnée en fonction du type, de la taille, de la masse et de l’espacement des anneaux (B). En effet, dans le petit ouvrage américain mentionné ci-dessous (Ryan Seiders and Dan Smith : Start to Finish Fly Rod Building, Flex Coat, Driftwood, Texas, 2008), il n’est question que du montage d’une canne à mouche à une main. Ensuite, j’indique le contenu pratique du stage de montage de cette canne Switch Pike, avec les éléments de sa conception (le blank, les anneaux, le porte-moulinet et les poignées) et les éléments de sa construction (fournitures et outils) nécessaires au montage chronologie de cette canne Switch Pike, avec principalement la détermination de l’épine du blank et l’espacement des anneaux sur le blank (C).

A) Le nombre, la taille et l’espacement des anneaux pour une canne à deux mains Switch : Il résulte de l’ouvrage américain précité que le nombre d’anneaux, leur taille et la charte d’espacement de ces anneaux ou guides, pour le montage d’une canne à mouche, ne concerne que les cannes à une main. De là, il est généralement admis que pour les cannes à une main allant de 6’10 à 11′, le nombre d’anneaux de corps (serpentiformes ou monopattes + anneaux de départ) montés sur le blank pour une canne, correspond au nombre de pieds relatifs à cette canne, auquel on ajoute un anneau de corps supplémentaire. Par exemple, pour monter une canne de 9′ (pieds), il faut mettre 9 anneaux de corps + 1 anneau de corps supplémentaire = 10 anneaux + l’anneau de pointe = 11 anneaux au total. Et pour une canne de 9’6, par exemple, on arrondit au pied supérieur, c’est-à-dire qu’on lui applique le nombre d’anneaux de corps prévu pour une canne de 10′. On met donc 10 anneaux de corps + 1 anneau de corps supplémentaire = 11 anneaux + l’anneau de pointe = 12 anneaux au total (Voir p. 30 et 31 de l’ouvrage ci-dessous : Ryan Seiders et Dan Smith : Construction d’une canne à mouche du début à la fin, Flex Coat, Driftwood, Texas, 2008).

Qu’en est-il pour les cannes à deux mains utilisées pour pêcher le saumon à la mouche allant de 12′ à 16 ‘ ou plus ? En général, c’est la règle inverse qui est appliquée en pratique, c’est-à-dire, qu’il est retranché 5, 4, 3 ou 2 anneaux de corps par rapport au nombre de pieds de la canne. Par exemple, ma Hardy de 16′ n’a que 13 anneaux de corps ; ma Jacky Boileau de 15′ que 13 anneaux de corps ; ma Loop de 15 ‘ que 12 ; ma G. Loomis de 15′ que 11 ; ma Cadence de 14’6 que 10 ; ma Thomas & Thomas de 14’ que 11 et ma Loop de 13’2 que 11 anneaux de corps.

Et maintenant, qu’en est-il pour les cannes à deux mains Switch allant généralement de 10’6 à 11’6 utilisées pour pêcher à la mouche le saumon d’été, la truite en « Trout Spey » ou le brochet en « Pike Spey » ? Ces cannes étant des hybrides permettant de pêcher principalement à deux mains ou occasionnellement à une main selon les circonstances, quel système doit-on appliquer ? Retrancher un ou plusieurs anneaux de corps par rapport au nombre de pieds de la canne comme pour les cannes à deux mains ou au contraire ajouter un anneaux de corps supplémentaire par analogie avec les cannes à une main ou bien encore juste mettre le nombre d’anneaux de corps correspondant au nombre de pieds de la canne pour tenir compte de la spécificité des cannes Switch ? Dans la pratique, j’observe que ma canne Sage One Switch de 11’6 # 7 n’a que 9 anneaux de corps ; ma canne Switch G. Loomis Roaring River GLX de 11′ # 7 a 10 anneaux de corps. Pour mes principales cannes Switch Trout Spey, je constate que ma canne Hardy Demon Switch de 10’6 # 3/4 possède 10 anneaux de corps ; ma canne HOH Overseas en 6 brins de 11’3 # 3 a 9 anneaux de corps ; ma canne Sempé CRID Switch de 11′ 6 # 2/3 a 11 anneaux de corps.

S’agissant de notre canne Switch Pike de 11’4 # 8/9 # 35/37 g, « L’originale » FD-JPL Peche, le premier prototype, monté par mon ami Jean-Pierre Labarre, a 12 anneaux de corps. La deuxième canne montée par mes soins a aussi 12 anneaux de corps, mais avec des anneaux un peu plus gros et une charte d’espacement des guides légèrement différente. Et enfin , la troisième canne montée a 13 anneaux de corps avec un espacement des anneaux encore légèrement modifié.

B) La variation de l’action du blank d’une canne Switch donnée en fonction du type, de la taille, de la masse, du nombre et de l’espacement des anneaux : En d’autres termes, est-ce que les caractéristiques des anneaux de corps et de pointe utilisés pour le montage de notre canne à mouche Switch Pike, leur nombre et et leur espacement peut faire varier l’action du blank de cette canne relativement à celle communiquée par le vendeur ? La réponse est affirmative, dans la mesure où le blank est annoncé comme ayant une action rapide (Fast), alors qu’après le montage de notre canne Switch Pike, celle-ci présente plus une action Medium-Fast/Medium. Sans en donner volontairement l’explication ici, je vous donne trois exemples de canne avec certaines caractéristiques qui permettent de réfléchir aux causes de la variation possible de l’action donnée d’un blank à l’issue de son montage.

En premier lieu, ma canne à une main en bambou refendu Pezon et Michel Super Parabolic PPP Fario Club/Charles Ritz de 8’5 # 5/6 en 2 brins a 10 anneaux de corps et a une faible progressivité pour le placement des 4 premiers anneaux du scion, complétée par un espacement des anneaux suivants relativement constant. Cette canne possède une action de talon, principalement en raison du matériau utilisé, le bambou refendu et de la relativement faible conicité du blank. En deuxième lieu, ma canne à deux mains en carbone Cadence de 14’6 # 9 Standard (action Medium/Fast) en 6 brins a 10 anneaux de corps dont 8 sont montés sur les 3 premiers brins en partant du scion avec une assez forte progressivité pour l’emplacement des anneaux. Le brin n° 4 et le brin n° 5 sont chacun dotés d’un anneau de départ. L’originalité de cette canne est due au fait que son concepteur, l’écossais Ian Gordon, modifie l’action de la canne en raidissant les deux brins n° 4 et n° 5 pour obtenir une action (Fast) pour une puissance # 10. Inversement, en assouplissant ces deux mêmes brins n° 4 et n° 5, l’action de la canne obtenue est Soft (Medium) pour une puissance de # 8. Pour ces trois actions différentes, l’emplacement des anneaux de corps est identique. En troisième lieu, ma canne à deux mains Switch HOH Trout Spey « Overseas » de 11’3 # 3 en 6 brins a 9 anneaux de corps repartis avec une assez forte progressivité et elle possède une action plutôt Medium. En revanche, cette même canne en 4 brins possède une action Fast.

C) Éléments de la conception et de la construction nécessaires au montage chronologique de cette canne à deux mains Switch Pike : Parmi les éléments de la conception d’une canne, il faut d’abord sélectionner l’action du blank en carbone désirée, sa longueur et le poids de la ligne de la canne lié au diamètre du blank ; le choix des anneaux avec un possible mixage des différentes type d’anneaux et leur espacement sur le blank ; la forme, la longueur et le diamètre des poignées en liège ; et, la longueur, le poids, la matière, la direction de vissage du porte-moulinet. Ensuite , pour la construction de la canne, après avoir déterminé l’épine des 4 brins du blank nécessaire pour la pose du porte-moulinet et des anneaux, il faut rassembler les fournitures pour le montage du porte-moulinet (ruban adhésif, glue, etc…) ; le montage des anneaux ( mètre à ruban, colle, fils, vernis époxy, etc…), ainsi que les outils pour le montage des poignées (limes pour l’alésage des poignées préformées, glue, produits de nettoyage, etc…), un serre-joint (à fabriquer soi-même [voir photo ci-dessus]) pour le collage des poignées et du porte moulinet ; et pour la ligaturation des anneaux (marqueur de porcelaine blanc, briquet, coupe-ongles, bistouri, un ligatureur, un séchoir rotatif motorisé, etc…). Enfin, après avoir marqué l’emplacement des anneaux sur le blank selon l’espacement des guides voulu, en corrélation avec l’épine du blank, il faut correctement aligner les anneaux sur le blank pour préparer leur ligaturage. Vient ensuite la phase de ligaturation des anneaux et des viroles d’emmanchements proprement dite à l’aide du ligatureur. Lors de cette phase, il y a des petits trucs à respecter pour obtenir une belle finition. Pour terminer le montage de la canne, le vernissage des ligatures des anneaux et des viroles d’emmanchements s’opère avec du vernis époxy et leur séchage se réalise avec le séchoir rotatif motorisé. Pour plus d’informations (durée et tarif) au sujet d’un stage de montage d’une canne à deux mains Switch Pike, téléphonez-moi au 06 20 18 47 87.

Et pour finir, je vous indique le lien d’un site au sujet de l’américain Bob Meiser, facteur de canne à mouche professionnel dans l’Oregon, l’un des pionners de la construction de cannes Switch pour pêcher notamment le Bass et le Musky, qui fournit quelques informations sommaires pour « construire la canne à deux mains » : https://www-flyanglersonline-com.translate.goog/features/spey/part2.php?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc&_x_tr_sch=http , parties 2 et 3.

Stage de montage de mouches pour pêcher la truite

La réalisation d’un stage de montage de mouches s’adresse aussi bien à un pêcheur à la mouche débutant qu’à un moucheur pratiquant qui achète ses mouches dans le commerce. Or, certains modèles ne sont pas ou plus commercialisés dans les magasins ou sur le net, d’où l’intérêt de savoir faire ses propres mouches pour garnir sa BOITE A MOUCHE. De plus, le pêcheur éprouve souvent une réelle satisfaction à prendre un poisson avec une mouche de SA fabrication. Mes stages de montage de mouches ont donc pour objectif d’apprendre à réaliser quelques modèles simples qui ont fait leur preuve pour pêcher la truite ou l’ombre en sèche, en noyée ou nymphe, en rivières ou réservoirs, ainsi que pour pêcher le brochet, l’alose, l’aspe, la truite de mer ou le saumon. Pour les ADULTES et SENIORS, ils peuvent s’opérer en intérieur pendant la période hivernale ou en extérieur pendant la belle saison. Dans ce dernier cas, le stage de montage de mouches peut constituer la prestation principale et, à titre accessoire, nous pêchons une partie de l’après-midi pour tester les mouches montées. Inversement, lors d’un stage de pêche à la mouche, il est possible de monter également quelques mouches.


Le matériel de montage et les matériaux pour la confection des mouches :

Pour débuter en matière de matériel de montage de mouche, on peut se contenter du strict minimum qui consiste dans un étau à monter les mouches (avec un socle de façon à pouvoir travailler sur une table en posant les coudes), une ou deux pinces à hackles (plumes de cou de coq), une paire de ciseaux, deux portes-bobines (un normal et un large), un petit tube pour faire des noeuds demi-clef, un whip finish (outil à faire le noeud final de blocage sous la forme d’une ligature).

Pour les matériaux, il faut des hameçons de tailles 10, 12, 14 ,16 et 18 ; des fils de montage (en nylon) de couleur noir, marron, vert olive et jaune paille ; un flacon de vernis incolore ; des plumes de cou de coqs (marron, gris, noir et sable/blanc) ; une lance de faisan pour confectionner les queues (des mouches de mai) ; des plumes de flancs de canne et cul de canard (beige et gris) ; des morceaux de peau (avec leurs poils) de lapin et chevreuil. Voilà pour l’essentiel en termes de quantité. S’agissant maintenant de la qualité, plus le monteur se perfectionnera, plus il devra rechercher l’excellence dans le choix des bons matériaux : par exemple, des hameçons adaptés aux différents type de pêche, des plumes de cous de coq du Limousin ou de Pardo, des plumes de flancs de canne fraîchement plumée par vos soins, des peaux de lapin ou de lièvre récupérées auprès de chasseurs, etc…


Les mouches pour pêcher la truite ou l’ombre :

Les mouches pour pêcher en sèche :

Là encore, pour bien débuter, il ne faut pas se compliquer la vie : pour démarrer la saison, on utilisera des imitations de March Brown ou brune de mars ou Rhithrogena – Ecdyonurus [famille des Heptageniidae] (une araignée marron/rousse à corps brun ou rouge) comme la « Chalaux » du Morvan, de Baetis Rhodani [famille des Baetidae] comme l’A4 d’Aîmé Devaux (une araignée grise à corps jaune olive), des French Tricolores d’André Ragot et d’Henri Bresson (un palmer), puis on passera aux « Peutes » bourguignonnes (un peu différentes de la formule d’Henri Bresson) pour imiter les émergentes de Trichoptère au stade subimago (avant l’image parfaite) et aux subimago de mouches de mai (fabrication maison). On complétera l’arsenal avec deux imitations d’imago de Trichoptère : une marron (« La gloire de Goumois ») et une grise (« La reine de Cademène ») dont la paternité revient à Jean-Paul Pequegnot. Un monteur qui sait réaliser ces quelques modèles de mouche en variant les tailles et les nuances de teintes foncées ou claires peut faire face à la majorité des situations en Bourgogne. L’essentiel est d’utiliser une mouche à un stade qui plaît au poisson, même si elle n’est pas très jolie, plutôt que de réaliser une imitation presque « parfaite » qui flatte l’oeil du pêcheur. En dernier lieu, c’est toujours le poisson qui décide !

Les mouches pour pêcher en noyée ou nymphe :

On montera, par exemple, comme mouches noyées classiques : des nymphes de trichoptère avec bille, pallareta ou favorite de Louis Carrère, killer bug, fressane, tricolore, March Brown, Black Pennel, Peter Ross, peute, A 4 ; et, comme nymphes fondamentales, des Pheasant Tail (nymphes d’olives), des Killer Bug (phrygane) de Franck Sawyer, des Fressanes (émergente de phrygane) de Philippe Boisson et des nymphes de mouche de mai (la petite bête des pêcheurs de perche).

Les mouches pour pêcher en réservoir :

Des imitations de sangsues de diverses couleurs, de larves de « demoiselle » ( variété de libellules), des chironomes (le ver de vase des pêcheurs au coup), quelques insectes terrestres (Barbarottes, fourmis, sauterelles) et vous êtes parés.


Les mouches pour pêcher le brochet :

Pour le brochet, un modèle qui s’immerge facilement dans le courant pour pêcher en rivières (fabrication maison inspirée d’un modèle finlandais) et un modèle qui émet beaucoup de vibrations pour pêcher les eaux stagnantes des lacs (fabrication maison), et l’on s’en sort !


Les mouches pour pêcher le saumon :

En matière de pêche du saumon, la réussite tient dans la présentation d’une mouche à un saumon « mordeur ». A partir de là, outre les modèles classiques de mouches à saumon vendus dans le commerce (Blue Charm, Monroe Killer, Green Highlander, Stoat Tail, etc…), j’utilise principalement deux modèles de ma fabrication (on ne peut plus simple), un foncé [noir] et un clair [beige/marron clair], en plusieurs tailles (de l’hameçon simple n° 2 au petit triple n° 14). Et dans certaines circonstances, une toute petite « Cascade » (noir, jaune/orange sur un petit triple de 12 ou 14) ou une petite Willie Gunn (mouche conçue par Miller et Wilson dans les années 1940 pour faire évoluer la Thunder and Lightning et adoptée par William Gunn [1909/1996]) et une Collie Dog ou une Sunray Shadow, toujours de ma fabrication, sont les bienvenues.

Juste quelques mots d’histoire à propos de la Collie Dog (appelée parfois Colley Dog) et de la Sunray Shadow : la première daterait de la fin du XVIII ième siècle ou de la moitié du XIX sème siècle et est d’origine écossaise ; elle était liée à la simple utilisation de poils noirs de chien Border Collie. La seconde date de la moitié du XX ième siècle et est d’origine norvégienne et a été conçue par Ray Brooks avec du poil de queue d’écureuil blanc (la sous aile peut-être aussi réalisée avec du bucktail blanc), du poil noir de singe Colobe tiré d’un tapis (grande aile aujourd’hui remplacée par du poil de chèvre noir) et quelques herls de paon (et fibres de Krystal Flash pour la sur aile). Ces grandes mouches sont censées imiter des civelles, anguillons, lamproies de Planer ou « chatouilles ». Au reste, ces mouches appartiennent à la même famille qu’un streamer d’origine anglaise : l' »Elver » (traduction en anglais de « civelle »). Ce streamer fut ensuite adapté par un américain, J. Hubert, qui pêcha surtout en Islande et qui transforma ce streamer en mouche à saumon avec une grande aile montée sur de petits hameçons doubles : l’Elver Sunray Shadow.


Ci-dessous la mouche Barbolle de Lucien Bonnenfant (L.B. n° 1) censée imiter une Barbolle ou Plécoptère, Perle, Mouche de pierre, Perlidae, Stonefly selon la définition du Dictionnaire des sciences animales. Elle sera montée sur un hameçon de 2 pour correspondre à la taille d’une grande perle de 4 cm environ. Pour son ami Paul Boyer, cette mouche constituait aussi une de ses mouches favorites : sa fétiche Boyer’s Stonefly. Et Emmanuel Gladel estime que tout bon pêcheur et tout pêcheur confirmé doit avoir dans sa boîte une « Barbole (version femelle) ».Voici l’opinion d’Henri Pèthe (Ouvrage cité ci-dessous p. 302) au sujet de la barbolle, donnée à titre de prolepse : « Pourquoi imiter quelque chose qui se mange puisque les saumons ne se nourrissent pas en rivière, penserez-vous ? Je crois que cette affirmation n’a jamais été une certitude, et vous pouvez toujours pensez que les saumons qui prennent les barbolles vivantes en surface, le font pour s’amuser, par jeu. L’important, c’est qu’ils les prennent. »


Ci-dessous la « Mouche à Michel Duborgel » (p. 171 de l’ouvrage de l’ami Robert cité ci-dessous) et la « Manouche » de Robert Menquet (p. 161 de l’ouvrage de l’ami Robert cité ci-dessous) : La parenté entre les deux mouches existe pour le corps en ce qui concerne la couleur verte. Les deux mouches diffèrent cependant relativement à l’aile : celle de Michel Duborgel était réalisée avec du poil de blaireau comme on en utilisait à la même époque pour la « Barbolle » de Lucien Bonnenfant fabriquée aussi avec du poil de blaireau et du flanc de canard Mallard ; celle de Robert est réalisée avec du poil roux d’écureuil (poil plus souple que le blaireau) et également avec du flanc de canard Mallard. On notera au passage que l’aile de la « Barbole (version femelle) » d’Emmanuel Gladel est réalisée aussi en poil d’écureuil gris et du flanc de canard Mallard. Les époques changent, mais les bonnes idées restent !


Bibliographie relative aux ouvrages traitants du montage des mouches à saumon classés par ordre chronologique : * Henri PETHE : Streamers et mouches à saumons, Paris, 1978. * Paul C. MARRINER : Modern Atlantic Salmon Flies, Frank Amato Publications, 1ière édition 1998, Gales End Press, 2nde édition 2011. * Poul JORGENSEN : Salmon Flies : Their Character, Style and Dressing, Stackpole Books, 1ière édition 1978 et 2nde édition révisée en 1999 ; Mouches à saumon : Styles, matérieux et techniques de montage, Artemis, 2002. * Emmanuel GLADEL : Mouches Passion Saumon, Cheminements, 2004. * Robert MENQUET et Jean-Paul DESSAIGNE : Rêves de plumes et d’écailles, La Cheminante, 2015.


Mon opinion sur les mouches à saumon pour la pêche et la manière de les dresser : Les mouches à saumon de François DELINE. En premier lieu, il me semble qu’une demi-douzaine de mouches, dans des tailles différentes et appropriées, est suffisante pour faire face à la plupart des situations de pêche. En second lieu, la mouche doit posséder pour son aille et sa « collerette » trois sortes de matériaux (souple, mi-souple/raide et « raide » ou moins souple), placées au bon endroit sur l’hameçon pour être adaptées à la phase de traction, de dérive normale et de relâcher de la mouche, de sorte que la mouche soit « toujours » la plus vivante possible et donc pêchante. Pour le corps de la mouche, il s’agit d’agir, en autres choses, sur la profondeur de nage de celle-ci, soit en le vernissant, soit en le lestant légèrement. Bref, pour reprendre un conseil donné par un « vieux Maître » à l’ami Robert (p. 206 de son ouvrage cité ci-dessus) : « Peu, du beau, du bon à la bonne place ». Et faisant mien de ce sage aphorisme, j’ai tendance à adopter pour mes mouches personnelles l’école française, paysanne et « abstraite » des Bonnenfant, Duborgel, d’Henri Clerc (L’Ellé), de Robert Menquet ou d’Emmanuel Gladel pour les tonalités claires et pour les tonalités foncées ou vives (noire, noire/bleue ou noire/jaune/orange), j’adopte principalement trois bons modèles écossais (dont la Purée Vico de l’auvergnat Jean-François Dessalle), un norvégien et un d’inspiration finlandaise, simples dans leur conception, mais qui ont fait leur preuve. L’essentiel étant d’avoir confiance en sa mouche et de la présenter à un saumon « mordeur » ! Et pour ceux qui aiment les oeuvres d’art, je renvoie aux magnifiques créations du français Jean-Paul Dessaigne et du québécois Daniel Dufour : Grand Maître Monteur de Mouches ; tous les deux mondialement connus.


Les mouches pour pêcher la truite de mer, l’alose et l’aspe :

Pour la truite de mer, je ne me complique pas la vie en utilisant deux modèles du maître en la matière, Hugh Falkus : la « Medicine » et le « Leurre Plongeant », ainsi que quelques petites mouches locales écossaises et irlandaises.

Pour pêcher l’alose, j’utilise un modèle préconisé par Jacky Boileau réalisé avec des hameçons à carpe et du fil de téléphone ; et, pour pêcher l’aspe, j’emploie un modèle personnel très brillant (d’inspiration finlandaise) servant à imiter une ablette.