sejours et stages de peche

Cannes à mouche d’entrainement Fly-O Royal Wulff et d’apprentissage Echo MPR (Micro Practice Rod) Tim Rajeff

Ci-dessus, première photographie, la courte canne à mouche d’apprentissage et d’entrainement Fly-O Casting Tool (3 pieds/0,93 cm, 15 pieds/4,75 mètres de yarn (gros fil laineux) orange brillant, diamètre du yarn 13 mm, masse d’un mètre de yarn = 5 gr), distribuée par la société américaine Royal Wulff ; et, seconde photographie, Joan Wulff en action de lancer avec cette canne d’entrainement Fly-O, lors du dîner annuel de l’International Fario Club de Charles Ritz, à l’hôtel Ritz de Paris, en 1969. Joan (1926-202-) fait une démonstration de l’une des innovations de son mari, Lee Wulff (1905-1991) : l’outil Fly-O pour pratiquer l’entrainement du lancer de la mouche en intérieur.

L’origine de la pratique américaine du lancer de la mouche en salle avec l’outil d’entrainement Fly-O est relatée par Joan Wulff dans la première édition de son ouvrage : Joan Wullf’s Fly Casting Techniques, Illustraded by Francis W. Davis, Lyons & Burford, New-York, 1987, pp. 221 à 224 ; et, dans la seconde édition de son dernier ouvrage : Joan Wulff’s New Fly-casting Techniques, Illustraded by David Shepherd, 2e édition, Lyons Press, 2016, pp. 165 à 167. L’idée de Lee Wulff (1905-1991) a germée dès le début des années 1950, en raisonnant par analogie avec la pratique du golf. Il a constaté que si les golfeurs pouvaient pratiquer leur balancement du corps (swing) en intérieur avec des filets et des balles molles, il devrait en être de même pour les pêcheurs à la mouche avec un matériel équivalent et adapté. En 1969, Lee et Joan ont développé ensemble cette idée pour créer un équipement spécifique pour l’entrainement du lancer de la mouche en intérieur qui a d’abord été commercialisé en 1971 par la société Garcia et qui est aujourd’hui disponible chez Royal Wulff’s Products.

En France, l’idée a été partagée par Charles Ritz et Pierre Creusevaut (l’unique champion du monde français de lancer de distance de la mouche que la France ait connu !), en 1970, lorsqu’ils ont voulu apprendre aux vendeurs de l’usine Mitchell, de Cluses, en France, le lancer avec une canne à mouche. Comme il neigeait, ils ont été obligés de se rendre dans une salle avec un plafond bas et de n’utiliser que le scion de la canne à mouche. Charles Ritz qui explique cette anecdote dans son ouvrage (« A Fly Fisher’s Life. The Art and Mechanics of Fly Fishing (New édition revised and greatly enlarged), foreword by Ernest Hemingway et introduction by Arnold Gingrich, Max Reinhardt Ltd, 6 ième édition anglaise, London, 1972, p. 52) fait remarquer que : « Cette méthode a l’avantage d’empêcher un débutant d’utiliser la canne comme un fouet [une cravache]. Il est presque impossible de fouetter la ligne [d’une manière intuitive avec une rotation] lorsque vous lancez [uniquement] avec le scion. Pourquoi ? Tout simplement parce que le bras du lanceur se tend vers le haut [avec une translation] pour compenser l’absence du talon. » Autrement dit, cette méthode incite naturellement le lanceur à pratiquer une élévation bienfaitrice de sa main et donc de sa canne « très courte » lors de l’arraché sur le lancer arrière !!!

Maintenant, quelle est l’utilité générale de la présentation en France de l’outil Fly-O ? En effet, dans la traduction française de l’ouvrage de Joan Wulff de 1987, publié par les éditions Gerfaut en 1997, le chapitre consacré à « L’entraînement en intérieur avec une Fly-O » ou « Indoor Pratice with Fly-O » a été tout bonnement occulté !

C’est pourquoi je veux insister ici sur ce point, dans la mesure où il participe de ma démonstration dans un discours rhétorique sur le bien-fondé de l’apprentissage du lancer linéaire et angulaire, de base, à la française, pour bien débuter son lancer de la mouche pour pêcher en sèche. Cette technique de lancer consiste avant tout à présenter la mouche en premier sur l’eau en pêchant à courte distance, ce qui est particulièrement adapté pour pêcher les eaux rapides avec précision et éviter le dragage de la mouche. Effectivement, il ne s’agit pas de « con-vaincre », sans jeu de mots en Verlan, le pêcheur à la mouche débutant de la pertinence de cette méthode d’apprentissage déjà connue en France et qui devrait être encore bien mieux connue et développée à l’Etranger, mais bien plutôt de le persuader ou de le faire adhérer avec des arguments rationnels et d’autorités à la réelle utilité de recourir à cette très bonne méthode universelle d’apprentissage du lancer de la mouche et de pratique pour la pêche à la mouche..

Lorsque l’on utilise la courte canne à mouche américaine Fly-O, tout comme lorsqu’on pratique le lancer de la mouche japonais traditionnel avec une canne « Tenkara », une seule main est utilisée pour effectuer le lancer : celle qui tient la canne dénommée MAIN DE CANNE (Rod Hand) ! Cela résulte de la force des choses, parce que la ligne est attachée à la canne et que la seconde main du lanceur (MAIN DE LIGNE ou Line Hand) ne peut donc pas intervenir sur la ligne pour la contrôler durant le lancer. Il en résulte que le lanceur débutant doit mettre sa main de ligne dans sa poche, comme le préconisait déjà Charles Ritz en 1972 dans son ouvrage précité plus haut p. 50, pour l’apprentissage de sa méthode HS-HL : « Gardez la main gauche dans la poche et tenez la ligne dans la main droite ». Avec une canne Tenkara, la main gauche peut être posée sur la hanche ou sur la jambe, comme le montre Misako Ishimura sur la première photographie ci-dessous ou tenir une canne de wading comme montre Mr Yoshimura Shotaro sur la seconde photographie ci-dessous. Pour la pêche des eaux rapides autrichiennes, la tenue d’un bâton de wading par la main gauche participe de la sécurité pour les seniors et même pour les plus jeunes !

Mais le principal et primordial argument d’ordre rationnel est de permettre au lanceur débutant de bien apprendre à lancer « basiquement » dans un plan vertical (ou dans un plan oblique ou horizontal) et sur un axe de 180° relativement au plan choisi, tant sur le lancer arrière que sur le lancer avant. Il en résulte que l’apprenant n’a pas à se préoccuper de sa main gauche de ligne — dans le cas où il tendrait néanmoins sa ligne avec — et que cela lui évite de tourner le poignet entrainant une sortie de l’axe de 180°. Défaut classique chez beaucoup de pêcheurs à la mouche. En outre, le fait de n’utiliser que sa main de canne lui permet de se concentrer davantage sur la vision de la trajectoire inclinée à 45° de sa main le long du chemin de lancement [de la course de lancer ou casting stroke] de la canne lors de l’arraché et de regarder la position de sa main et de sa canne lors du blocage arrière à la Position Clé (Key Position admise chez les anglo-saxons, pour ne pas dire dans le monde entier !). Je ne développe pas plus les autres arguments d’ordre rationnel que je garde en réserve pour plus tard.

S’agissant des argument d’autorités, c’est-à-dire de points de vue d’éminentes personnes qui font autorité en la matière, on peut aisément s’accorder pour dire que les français Charles Ritz et Pierre Creusevaut, mondialement connus et reconnus, de même que les époux américains Joan et Lee Wulff, également mondialement connus et reconnus, ainsi que la japonaise Misako Ishimura et le japonais Tomonori Higashi, aussi mondialement connus et reconnus — pour ne citer principalement que ceux-là, mais il y a aussi Bernard « Lefty » Kreh [1925-2018] (TFO) ou Tim Rajeff (Echo), etc…— attestent le bien fondé de mon point de vue, car ils prônent tous pour le début de l’apprentissage du lancer de la mouche, uniquement l’utilisation de la main qui tient la canne (Rod Hand = la main de canne) et l’entrainement en intérieur avec le scion ou une canne courte Fly-O ou Echo MPR. ou une canne à mouche d’apprentissage et d’entraînement d’une autre marque.

Pour finir au sujet de la canne à mouche d’apprentissage et d’entrainement Fly-O, je ne saurais mieux faire que de citer cette Grande Dame de 97 ans qu’est Joan Wulff : « Utilisée devant un miroir, la Fly-O est plus rapide [plus efficace ou meilleure] qu’une vidéo en replay [repassée en] instantané ! » (Edition 1987, p. 222 et édition 2016, p. 167) et « Je crois vraiment en cet outil. Sans la Fly-O, je n’aurais peut-être jamais analysé le lancer de la mouche au point où je l’ai fait, ni écrit ce livre (ou sur le sujet). » (Edition 1987, p. 224 et édition 2016, p. 167).

La canne d’apprentissage et d’entrainement Fly-O Casting Tool Royal Wulff n’étant distribuée aux particuliers qu’aux Etats-Unis ou par la société anglaise The Essential Fly avec un tarif relativement élevé en raison des frais de port et de douane (expédition en 20 jours), je précise, pour être le plus complet possible, qu’il existe d’autres cannes à mouche d’apprentissage et d’entrainement vendues par d’autres marques en Europe et dans le monde. Par exemple, en France, Philippe Koehler (PLC-Peche) distribue la Practice Rod de Redington ; Pêcheur.com ou Pacific Peche, la canne d’Orvis PractiCaster V2 de Pete Kutzer ; le site Moucheshop, la canne Scientific Anglers ; en Suisse, Bernhard Fishing, la Scientific Anglers Groove Practice Rod ; en Belgique, T.O.F. propose la canne TFO Office Rod en trois brins conçue par Lefty Kreh. Au Canada, le site Salmo Nature distribue la canne d’apprentissage et d’entrainement Echo MPR (Micro Practice Rod) de 4′ pieds (1,2 m), en deux brins, conçue par le champion du monde de lancer de la mouche, Tim Rajeff (frère de Steve Rajeff, designer chez G. Loomis et également champion du monde de la lancer de la mouche)[La maison Salmo Nature est très sérieuse et expédie très rapidement en Chronopost les produits en 10 jours !].

L’outil de lancer Fly-O Royal Wulff est livré avec un manuel d’instruction de 14 pages rédigées par Joan Wulff (en anglais) [édition 1998-2000]. Elle y explique notamment l’action du poignet en relation avec l’inclinaison ou non de la main lors des lancers arrière et avant, ainsi que l’angle formé par le talon et le porte-moulinet de la canne avec l’avant-bras. Ces explications fondamentales ne sont pas développées dans ses ouvrages en anglais, ni dans l’ouvrage traduit en français. La canne Echo MPR de Tim Rajeff est également accompagnée d’un Flyer contenant les principales règles du lancer de la mouche, avec notamment la Règle de l’axe de 180° pour un PLAN de lancer donné et la TRAJECTOIRE (Trajectory) fortement INCLINÉE de la MAIN sur le chemin de lancement (casting stroke = course/trajet de lancer) à la suite d’une grande ÉLÉVATION de la MAIN sur l’arraché (back cast = lancer arrière) pour les lancers à courte distance [4/5 mètres], dont j’ai déjà fait état dans mon article sur le lancer linéaire et angulaire, de base, à la française, et à courte distance, pour bien débuter à pêcher en mouche sèche.

Stage de pêche à la mouche en Bourgogne

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